Lancée en décembre 2025, la revue trimestrielle indépendante L’Audace! fait le pari du papier, du temps long et de la souveraineté éditoriale. Son troisième numéro, à paraître le 1er Juin 2026, est l’occasion de revenir sur ce média.
Dans un paysage médiatique saturé de flux en continu et d’informations jetables, une revue trimestrielle au titre volontariste a fait son apparition en kiosque. L’Audace !, animée par la journaliste et essayiste Natacha Polony, la revue a lancée son premier numéro le 1er décembre 2025. Un pari sur le fond, sur l’indépendance, et sur la durée. Forcément, en tant qu’agence de presse, ça nous parle !
D’où vient L’Audace ! ?
Après son départ de Marianne, dont elle avait longtemps été la figure de proue, Natacha Polony aurait pu simplement « rebondir » dans un autre titre. Pourtant son choix fut autre : créer. Le projet L’Audace ! est né d’un double constat : la France traverse une crise multiforme aux racines économiques, politiques et géopolitiques, et les formats médiatiques existants ne permettent plus d’y répondre avec le sérieux et le recul qu’exige l’époque. La revue est lancée en septembre 2025 via une campagne de financement participatif sur Ulule, qui lui permet de constituer une première communauté de 3 000 abonnés avant même sa sortie en kiosque.
Natacha Polony citait d’ailleurs Danton quand on lui a demandé pourquoi l’Audace! : « “L’Audace est financée par ses lecteurs et donc libre, elle veut nourrir le débat civilisé, le vrai, pas la foire d’empoigne. Ici se croisent des voix diverses, unies par une même ambition : penser la France et sa place dans le monde. Parce que se résigner n’est pas français. Parce que Danton le disait déjà, le 2 septembre 1792, alors que la jeune révolution française devait faire face aux armées des monarchies coalisées : « Il nous faut de l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace, et la France est sauvée ! »
Qui est Natacha Polony ?
Agrégée de lettres modernes, Natacha Polony commence par enseigner avant de démissionner de l’Éducation nationale, déçue par un système qu’elle juge incapable de transmettre. Elle se tourne alors vers l’écriture et le journalisme, et construit au fil des années une réputation d’éditorialiste engagée, souverainiste, inclassable : à gauche sur les questions sociales mais nationale sur les questions culturelles et industrielles. Ex-chroniqueuse dans l’émission « On n’est Pas Couché ! » de Laurent Ruquier, ancienne figure de Marianne dont elle fut rédactrice en chef, chroniqueuse sur LCI, auteure de nombreux essais, elle incarne une certaine idée du journalisme d’idées à la française. L’Audace ! est sa première aventure éditoriale en propre.
Quel est le projet derrière L’Audace ! ?
Le sous-titre résume l’ambition : Penser, produire, construire. La revue ne veut pas être « un journal de plus ». Elle entend nourrir le débat démocratique — le vrai, le « débat civilisé »[1] — en rassemblant des voix diverses autour d’une même boussole : penser la France et sa place dans le monde, refuser la résignation. Chaque numéro comporte une grande enquête sur une ville française à travers son histoire industrielle (Saint-Nazaire pour le premier opus), des dossiers de fond sur des enjeux de long terme, et des contributions d’auteurs venus de l’histoire, de la philosophie et de la politique.
Natacha Polony rassemble autour d’elle une équipe aguerrie, issue notamment de Marianne – Frédérick Cassegrain et Gérald Andrieu notamment- ainsi qu’un collectif de contributeurs aux horizons variés : Edgar Morin, Marcel Gauchet, Luc Julia, André Manoukian, Michel Desmurget… La ligne assume sa couleur souverainiste et sa préoccupation pour le tissu industriel et éducatif français. L’ambition revendiquée par Natacha Polony est de « créer un lieu d’échanges et de discussions entre les intellectuels, les penseurs et les citoyens »[2], avec une exigence de fond et un refus du commentaire à chaud.
De surcroît, le parti pris d’une revue comme L’Audace ! repose sur une stratégie éditoriale solide et cohérente, ce qui est idéal pour des experts en média qui accompagne des entreprises, en effet c’est le paramètre-clé qui détermine quel journaliste et quel média correspond le plus au besoin des clients de l’agence.
Le premier numéro est tiré à 45 000 exemplaires et distribué dans 8 500 kiosques et magasins de presse spécialisés, les supermarchés ne sont délibérément pas servis. Frédérick Cassegrain, directeur général de la société éditrice, revendique ce choix : L’Audace ! est présentée comme « un produit de luxe à réserver aux diffuseurs de presse spécialisés »[3]. Les librairies, servies dans un second temps, complètent le réseau. La revue compte dès son lancement quelque 3 000 abonnés, issus du financement participatif.
Qui lit L’Audace ! ?
La cible est celle des lecteurs qui « ne veulent pas se résigner à voir ce pays décliner »[4] — une formulation volontairement large, qui transcende les clivages partisans habituels. En pratique, il s’agit d’un lectorat cultivé, attaché à la forme longue, sensible aux enjeux de souveraineté industrielle, culturelle et éducative. La revue assume d’être un objet pensé pour durer. Natacha Polony dit vouloir un magazine que l’on pourra rouvrir dans quelques années « et y apprendre encore quelque chose »[5].
Être un média indépendant en 2026, est-ce possible ?
L’Audace ! a fait un choix structurant pour répondre à cette question : pas de publicité, pas d’actionnaire, un modèle économique reposant intégralement sur les lecteurs abonnements et vente au numéro. « C’est le modèle économique qui permet d’être indépendant, vis-à-vis de l’actionnariat comme des annonceurs »[6], explique Natacha Polony. Dans un marché de la presse où la rentabilité passe souvent par des compromis éditoriaux, ce pari sur le seul lectorat est à la fois une nécessité et une déclaration de principe. Le format trimestriel, exigeant mais soutenable, traduit la même logique : sortir du rythme effréné de l’actualité pour occuper le terrain du temps long, celui que les flux numériques ne peuvent pas habiter.
Quels sont les contributeurs et auteurs de L’Audace! ?
Issus de la société civile, professeurs, économistes, citons-en quelques uns :
Parmi les contributeurs de L’Audace !, Véronique Reille-Soult apporte un regard d’expert particulièrement précieux. Présidente de Backbone Consulting et spécialiste de la gestion de réputation en ligne, elle a notamment écrit “L’Ultime pouvoir, la vérité sur l’impact des réseaux sociaux” (Cerf) et “Pérennité des entreprises : la prise de pouvoir des actifs intangibles” (Telemaque). Elle interroge dans ses colonnes de la revue, les nouvelles frontières de la régulation numérique notamment dans son article « Réseaux sociaux ou IA conversationnelles : où faut-il vraiment mener le combat de la régulation ? ». Une question au cœur des enjeux actuels pour toute agence de relations presse qui accompagne des clients dans leur présence médiatique et digitale.
Christian de Boissieu, professeur émérite à l’Université de Paris-I (Panthéon-Sorbonne), est également un des contributeurs de l’Audace!, président de la Fondation Concorde, vice-président du Cercle des économistes, il a notamment écrit « La Nouvelle Guerre des monnaies » (Odile Jacob), ainsi que « Réussir la transition énergétique et écologique » (MA éditions).
Il y a également l’éminent Luc Julia, ingénieur et informaticien franco-américain né en 1966 à Toulouse, Luc Julia est présenté comme l’un des concepteurs de l’assistant vocal Siri. Ancien Vice-Président Innovation chez Samsung, puis Directeur Scientifique chez Renault, il est auteur de « L’Intelligence Artificielle n’existe pas » et figure de référence sur les questions de technologie et d’IA en France.
Natacha Polony peut se targuer d’avoir un carnet d’adresses bien garni car elle compte le célèbre Edgard Morin parmi ses contributeurs, lephilosophe et sociologue français né en 1921, Edgar Morin est l’un des intellectuels les plus influents du XXe siècle. Chercheur au CNRS, il est connu pour sa théorie de la « pensée complexe » et ses travaux sur l’épistémologie, la sociologie et les études médiatiques. Auteur de plus de 60 ouvrages, dont La Méthode (6 volumes).
Il en va de même pour Marcel Gauchet, historien, philosophe et sociologue français né en 1946, Marcel Gauchet est professeur émérite à l’EHESS et ancien directeur de la revue Le Débat. Figure majeure de la pensée politique contemporaine, il est reconnu pour ses analyses sur la démocratie, la religion et l’identité française. Il a notamment écrit « Le Nœud démocratique » (Gallimard), « La Droite et la gauche » (Gallimard) et « Comprendre le malheur français » (Stock).
André Manoukian et Riad Sattouf ferment la marche de cette liste, ils représentent les artistes-contributeurs, le premier est un pianiste, compositeur et auteur français d’origine arménienne, André Manoukian est connu du grand public pour ses participations à Nouvelle Star et ses émissions musicales sur Paris Première. Artiste engagé, il explore les liens entre musique, mémoire et identité culturelle.
Et le second, est un auteur de bande dessinée et réalisateur français né en 1978, Riad Sattouf est connu pour sa série « L’Arabe du Futur », mémoire graphique de son enfance partagée entre la France, la Libye et la Syrie. Ancien collaborateur de Charlie Hebdo, il est l’une des voix les plus originales de la BD française contemporaine.
Au-delà du débat d’idées, L’Audace ! ancre son projet dans une France concrète et incarnée.
Que peut-on lire sur le site de L’audace? (j’ai répondu à cette question et introduit Véronique Reille-Soult, dans la question précédente).
Chaque numéro propose une déambulation dans une ville française à l’identité marquée : ouvrière, culturelle, patrimoniale. Après une première étape à Saint-Nazaire, place à Clermont-Ferrand : capitale du pneu, ville universitaire, terre d’innovation industrielle et de mémoire populaire.
Ce choix éditorial n’est pas anodin. Il révèle une ligne directrice forte : parler à une France qui existe au-delà de Paris, qui a une histoire, une fierté, une identité.
Pour une agence de relations presse qui accompagne des clients sur des enjeux de territoire, d’ancrage local ou de communication institutionnelle, L’Audace! représente un vecteur d’influence rare, celui qui touche les lecteurs attachés à la profondeur et à la durée, pas à l’instantané, le « polarisé » si caractéristique des réseaux sociaux et de l’infobésité.
En somme, ce qui caractérise l’Audace! c’est cette curation, dans un contexte où la presse traverse une période de restructurations massives, les médias indépendants comme L’Audace représentent une alternative crédible et durable.
Les identifier, les comprendre et savoir y placer les bons sujets, c’est précisément le travail d’experts médias dans une agence de relations presse qui connaît son métier.
Pour découvrir le troisième numéro de L’Audace!, rien de plus simple :
– Abonnez-vous en ligne
– Achetez-le au numéro (en print ou en web ou les deux)
ou
– Rendez-vous dans votre kioque préféré
Last but not least, un bon consultant média en agence de relations presse doit connaître les grilles des programmes radio / télé sur le bout des doigts pour savoir quel sujet proposer quand et à quel journaliste. Si vous voulez écouter Natacha Polony commenter l’actualité en direct, elle est l‘invitée du Grand Face-à-Face de Thomas Snégaroff, tous les samedis à 12h04 (après le journal en fait) sur France Inter. Elle y commente trois grandes actualités de la semain avecà Gilles Finkelstein
[1]Formulation issue du site officiel de la revue, page « À propos » : revue-laudace.fr/a-propos/ et reprise également sur la page d’accueil du site.
[2]Propos de Natacha Polony recueillis par Les Clés de la presse, « L’Audace est à la fois un média et une agora », 23 septembre 2025 :lesclesdelapresse.fr/laudace-est-a-la-fois-un-media-et-une-agora/.
[3]Propos de Frédérick Cassegrain, directeur général de la société éditrice, rapportés par Union Presse, « L’Audace ! fait ses premiers pas », 26 novembre 2025 :unionpresse.fr/l-audace-fait-ses-premiers-pas.
[4]Propos de Natacha Polony rapportés par Union Presse, « L’Audace ! fait ses premiers pas », 26 novembre 2025 : unionpresse.fr/l-audace-fait-ses-premiers-pas. Formulation très proche également présente dans l’entretien à The Media Leader FR du 23 septembre 2025.
[5]Propos de Natacha Polony tenus devant le conseil d’administration de Culture Presse, rapportés par Union Presse, 26 novembre 2025 : unionpresse.fr/l-audace-fait-ses-premiers-pas.
[6]Propos de Natacha Polony rapportés par Union Presse, « L’Audace ! fait ses premiers pas », 26 novembre 2025 : unionpresse.fr/l-audace-fait-ses-premiers-pas.



