Visionary Marketing : le média d’un pro du marketing

Discret, sans concession, amoureux de l’innovation, Visionary marketing est un média qui mérite le détour. Fondé par un professionnel du marketing, 2500 articles et 400 podcasts décryptent les transformations en cours parce que « le monde est complexe, l’innovation est complexe, la technologie est complexe et le marketing est complexe« . A lire sans modération.

Interview de Yann Gourvennec, fondateur de Visionary marketing

Peux-tu te présenter : qui es-tu et quel est ton parcours ?

J’ai créé Visionarymarketing.com en 1996 comme un site personnel en marge de mon travail chez Unisys. À l’époque, je pilotais les systèmes d’information marketing et vente pour l’Europe. Depuis lors, je n’ai quasiment plus jamais quitté le domaine de l’Internet. D’abord en tant que consultant pour Unisys, puis Capgemini, pour enfin rejoindre Orange dans lequel j’ai assumé différentes responsabilités de direction digitale, pour le compte d’Orange business services d’abord, puis Orange groupe. En 2014, j’ai créé mon agence que j’ai bien entendu nommée Visionary Marketing. En 2023, la société entamera son dixième exercice. Le site, quant à lui, est devenu un média officiel en 2020. Nous travaillons exclusivement dans le domaine du business to business, nos articles sont en majorité dédiés au B2B et au B2B2C.

Quel est le projet derrière la création de Visionary marketing ?

En créant Visionary marketing, je voulais contribuer à un changement profond dans la façon dont les marketeurs appuient leurs stratégies sur Internet. Cela touche aussi bien les aspects de conseil, de stratégie (au travers de notre méthode dite du Martien) que les stratégies de contenus.

En somme, pour moi, il s’agissait d’insister sur cette valeur transformatrice de l’Internet et du contenu. Cet objectif de départ est la ligne directrice dont nous n’avons jamais dévié en dix ans.

Nos missions, auprès d’une centaine de clients depuis la fondation de l’agence, se sont toutes déroulées autour de ces principes. On peut en trouver un résumé sur vismktg.info/clients.

En 2020, l’entreprise a passé un cap puisque notre ancien blog est devenu un site d’information reconnu par le CPPAP et le ministère de la Culture comme l’indique l’ours du site.

Cela a constitué, au bout de 24 ans d’existence, un grand pas en avant pour notre site et a mené à la reconnaissance par nos pairs.

Comment construis-tu ta ligne éditoriale et comment vas-tu à la recherche de l’information ?

Le site Visionary marketing répond avant tout à des exigences éditoriales très précises, et ce depuis sa création. C’est ce qui permet de garder une cohérence sur l’ensemble du site (plus de 2500 articles en ligne en anglais et en français).

En bref, nous nous efforçons de décoder les sujets liés au marketing à l’innovation.

Notre ligne éditoriale est basée sur l’analyse approfondie, la recherche de l’information la plus fouillée possible, en évitant soigneusement les articles superficiels trop dépendants de l’information.

Notre thème ombrelle, Marketing & Innovation, est à la fois assez pointu et suffisamment large pour couvrir une foultitude de sujets. C’est l’avantage de ce thème, qui se renouvelle sans cesse, sans pour autant dévier de sa ligne directrice initiale.

Pour les idées, je fais confiance d’une part à mon réseau, à notre veille et nos différentes lectures. Nous sommes également en liaison avec les relations presse des éditeurs de livres de management et cela nous permet d’analyser un grand nombre d’ouvrages.

Nous alimentons constamment notre fichier éditorial avec des sujets basés la plupart du temps sur des interviews d’experts, auxquels nous ajoutons des tribunes plus personnelles.

Depuis près de 20 ans, nous réalisons des podcasts. La chaîne de podcasts de Visionary Marketing (vismktg.info/pod) est d’ailleurs forte de près de 400 enregistrements. Tous les jours, ce sont de 100 à 200 auditeurs qui écoutent ces interviews enregistrées.

Nous réalisons aussi bon nombre d’événements en live sur les médias sociaux pour nous-mêmes ou nos clients, qui donnent lieu à des idées de contenu et de partage avec nos communautés.

Qui sont les rédacteurs de Visionary marketing ?

Hormis mes propres articles, ce sont près de 40 contributeurs qui, au fil de l’eau, nous ont gratifiés de leurs compétences et de leurs visions.

Ce côté collaboratif est très important.

Nous accueillons sur ce site des professionnels de haut niveau, membres de nos réseaux et avec qui nous sommes en phase, et qui désirent écrire des articles de fond dans la logique de ce que nous réalisons pour Visionary marketing.

Il s’agit uniquement de textes exclusifs, publiés nulle part ailleurs, et nous nous réservons le droit bien entendu de refuser toute contribution.

Un grand nombre de billets sont également l’œuvre des différents employés ou alternants et stagiaires, de diverses nationalités, qui ont travaillé, sous notre direction, au sein de Visionary marketing et ont signé les articles en leur nom.

À noter toutefois que nous refusons systématiquement les tentatives de back linking en provenance des agences SEO et autres personnes indélicates qui cherchent à placer des liens sur notre site, du fait de son autorité et de son antériorité.

Être un média en 2022, en quoi est-ce un défi ?

Être un média en 2022 est un défi effectivement, car nous nageons dans une pléthore d’informations, encore que le mot de bruit soit certainement plus approprié.

Même si je prends de grandes publications économiques comme le quotidien de qualité auquel je suis abonné depuis de nombreuses années et que j’apprécie énormément, je remarque que les informations y sont traitées de façon linéaire.

De telle manière qu’au gré des événements, on nous annonce blanc un jour, noir le lendemain, blanc à nouveau le troisième jour, noir le quatrième et ainsi de suite.

Il en résulte un niveau de bruit insupportable pour le professionnel qui essaie de comprendre où va le monde. Sans parler de l’impact sur le moral du dirigeant qui essaie de saisir la situation économique, ce qui est impossible quand on vous annonce une catastrophe un jour et un boom le lendemain.

C’est que, comme l’explique Hegel, « l’oiseau de Minerve ne se lève que la nuit ». En termes plus prosaïques, pour comprendre les phénomènes historiques et économiques, il faut laisser du temps au temps.

La chose qui me tient particulièrement à cœur sur Visionary marketing est justement de donner une vision historique des sujets que nous abordons. Il peut paraître bizarre de poser la question de l’histoire quand on parle d’innovation technologique, mais il s’agit d’une démarche parfaitement logique et justifiée.

Innover prend du temps.

Jauger la qualité d’une innovation, de son importance et de son impact futur en prend encore plus. Notre rôle dans ce cas, est d’éviter d’ajouter du bruit au bruit, et d’expliciter les choses avec du recul et de l’analyse et surtout, toujours en donnant des sources chiffrées.

C’est ce qui permet aux lecteurs de se repérer par rapport à la réalité des choses. Et non de croire que l’histoire de la technologie, de l’innovation et du marketing s’écrira dans le dernier tweet d’Elon Musk.

C’est donc un défi, mais un défi qu’il est passionnant de relever.

Notre liberté éditoriale nous permet de traiter de ces sujets en toute indépendance, soit pour nous-mêmes, soit en partenariat avec nos clients — dans le cadre de dossiers publiés sur Visionary Marketing — et dans ce dernier cas, dans le respect de la transparence.

Il s’agit d’un métier passionnant et dans lequel, je crois, réside un grand avenir. Les professionnels ont besoin d’informations fiables et fouillées pour comprendre où va le monde.

Ces dernières années, on nous a servi systématiquement une soupe fantasmagorique et indigeste de « snackable content » selon laquelle les lecteurs seraient incapables de lire plus de 500 mots au mieux.

Ces lectures prémâchées et simplistes ne fatigueraient pas trop leurs pauvres petits cerveaux surmenés.

Ils auraient, nos lecteurs, des « mémoires de poisson rouge » (je cite), ce qui est faire bien peu de cas de l’excellente mémoire de ces animaux remarquables si j’en crois les travaux des éthologues[1].

C’est faire une insulte aux lecteurs. Ils méritent mieux que ça.

Je pense en effet que cette interprétation est triviale et erronée. Elle est la marque d’une paresse intellectuelle qui n’est même pas nouvelle si j’en crois Marcel Aymé[2].

N’en déplaise aux partisans du simplisme, le monde est complexe, l’innovation est complexe, la technologie est complexe et le marketing est complexe[3].

Je n’y peux rien, c’est ainsi que va le monde.

Il faut donc expliciter les choses sans les simplifier à l’extrême en les rendant blanches ou noires, car rien ou presque n’est ni blanc ni noir[4].

Notre rôle est donc de documenter les sujets dans leur complexité et leur richesse, car c’est de cette richesse que l’on sortira grandi et que l’on saura comment mieux guider son entreprise ou son business, et accessoirement sa vie.


[1] Un lien parmi tant d’autres pour s’apercevoir que le seul qui ait une « mémoire de poisson rouge » est sans doute celui qui a écrit le livre https://trustmyscience.com/memoire-environnement-navigation-poisson-rouge/ (et  eux qui l’auront relayé également sans vérifier bien entendu). Il est curieux d’observer que plus la connaissance est accessible et permet l’esprit critique, moins celui-ci s’exerce même chez nos prétendus intellectuels.

[2] « Dans tous les domaines où prévalaient autrefois l’intelligence, le bon sens, l’esprit critique et constructeur, c’est par quelque singularité facilement accessible à la sensibilité bourgeoise qu’un homme se fait maintenant apprécier » — le confort intellectuel, Marcel Aymé.

[3] Je conseillerai au lecteur de poursuivre sa réflexion au travers de « How the world really works » et « Numbers don’t lie » de Vaclav Smil et d’en profiter pour réviser les préjugés admis de tous. 

[4] A ce sujet, il faut lire l’introduction à la pensée complexe d’Edgar Morin et saisir le concept de « dialogique » ou logique du blanc ET du noir.


Il existe bien d’autres défis dans les médias et notamment celui de la monétisation.

Ceci n’est pas notre sujet puisque nous ne venons pas du monde des médias, mais sommes plutôt venus de celui du Web marketing pour aller vers les médias. Le chemin inverse des médias traditionnels.

Notre modèle économique est donc bien différent. Je ne crois pas au modèle de l’abonnement hormis quelques publications prestigieuses qui peuvent se le permettre.

Notre rôle est plutôt de travailler aux côtés des entreprises et notamment des éditeurs de logiciels qui sont notre cœur de métier, car grand est leur besoin de narrer des histoires puissantes et profondes qui répondent aux problématiques de leurs clients et leur apportent des solutions.

Je crois au contenu sérieux, à l’importance du contenu en B2B, à la nécessité de produire un travail sérieux et indépendant, au bénéfice de ses clients : les nôtres, mais aussi les clients de nos clients.

Il s’agit probablement d’un des plus beaux métiers qui existe, nous donnons beaucoup avant de recevoir, c’est véritablement passionnant et tous les rédacteurs qui sont passés chez Visionary Marketing témoignent de cette passion de la quête de la vérité, du travail bien fait, du partage et de la collaboration.

C’est tout cela qui guide la philosophie de Visionary Marketing, depuis ses débuts, une philosophie à laquelle nous tenons aussi farouchement que notre indépendance.

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