Holacratie : le mouvement Buurtzorg remet l‘humain à sa place

The NextGen Enterprise Summit réunira, les 26 et 27 mars prochains, 600 leaders d’opinion et managers autour de 50 spécialistes de l’innovation managériale venus du monde entier (Canada, USA, Russie, Pays-Bas, Allemagne, France, Italie…) pour partager leurs retours d’expériences concrets et leurs bonnes pratiques.

A cette occasion, vous aurez la possibilité de rencontrer Jos de Blok, fondateur en 2006 du mouvement Buurtzorg, qui signifie « soins de quartier » en néerlandais. En à peine 15 ans, Buurtzorg a séduit les trois quarts du marché des soins à domicile aux Pays-Bas, avec plus de 10 000 infirmiers et infirmières sur le terrain.

Ce mouvement révolutionnaire a deux objectifs convergents : replacer le patient au cœur du dispositif de soins et autonomiser le personnel soignant.

Replacer le patient au cœur du dispositif de soins

Pour éviter que les patients ne voient une infirmière différente chaque jour, les équipes soignantes sont composées de 10 à 12 personnes maximum. Un secteur géographique restreint leur est attribué. Le but de cette organisation flexible et légère est de passer plus de temps avec les patients afin de mieux les connaître et mieux identifier leurs besoins, dans une approche holistique.

Les résultats ont été immédiats. Vraiment écoutés, pris en compte dans leur globalité, les patients faisant appel à Buurtzorg ont un taux d’admission aux urgences inférieur de 30% à la moyenne nationale. En cas d’hospitalisation, leur séjour est plus court. Ils restent par ailleurs plus longtemps à domicile avant d’être admis au sein d’une maison de retraite (EPHAD). Selon une étude menée par le cabinet Ernst & Young en 2009, le système de santé néerlandais réalise environ 40% d’économies grâce à Buurtzorg.

Absence de hiérarchie et autonomisation du personnel soignant

Le mouvement Buurtzorg fonctionne selon un modèle organisationnel révolutionnaire, plaçant le digital au cœur de son dispositif. Afin de faciliter les échanges entre les équipes sur le terrain, un réseau social interne a été créé dès 2008. Il vise à favoriser l’entraide et permettre une auto-évaluation permanente. Pour cela, chaque infirmier ou infirmière de Buurtzorg dispose d’une tablette lui permettant d’accéder au « Buurtzorg Web ».

Mais ce qui est plus important encore, c’est qu’il n’existe pas de hiérarchie au sein des équipes. Que ce soit pour la recherche de nouveaux clients, la gestion du planning ou les soins prodigués aux patients, les équipes prennent leurs décisions de manière autonome, elles sont entièrement autogérées.

Bien entendu, le siège, basé à Almelo, dans le Nord-Est du pays, dispose d’une cinquantaine de salariés dédiés aux tâches administratives, en support des équipes sur le terrain. Une vingtaine de coachs sont également disponibles pour aider les équipes confrontées à d’éventuels conflits internes